Voitures UIC A7D.

Publié le dimanche 04 septembre 2022 à 18:16

Par FP, TJP, PM, 2B, H&BR. Le 01 septembre 2022.

Le concept de voitures de voyageurs comportant une partie fourgon est presque aussi vieux que l’invention desdites voitures.

C4Dt 1056 de la Cie de l’Etat, née avant 1914.

Ce que l’on appelle familièrement un “fourgon à bagages” peut, bien entendu transporter ces derniers, mais il est bien plus souvent nécessaire aux besoins internes des entreprises ferroviaires. Transport des courriers et plis, des valeurs, ou réservé aux transport de la presse nationale ou régionale.

Ils peuvent aussi servir aux transports des colis et courriers postaux, lorsque la présence d’une voiture postale ne se justifie pas.

Ceci explique bien souvent la présence de fourgons, même dans les compositions les plus modestes.

S’ajoute à ceci l’espace nécessaire réservé aux agents de trains.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, la SNCF se retrouve avec un parc conséquent de fourgons et de voitures mixtes.

A4Ddyi de la Cie du Nord.

Ce sont les voitures mixtes qui nous intéressent aujourd’hui.

Déjà présentes dans les parcs d’avant la première guerre mondiale, les Compagnies n’auront de cesse que d’accompagner leurs nouvelles voitures métalliques de versions mixtes:

-Les Compagnies de l’Est et du Nord, pour leurs parcs de “Rapides”.

-L’OCEM proposant une version dans chaque types de construction, RA, PL ou FL.

B4Dmyi ex C4D OCEM RA de la Cie du PLM.

Pour toutes ces raisons, et par manque de moyens financiers, le programme DEV-AO de la SNCF ne comportera pas de voiture fourgon ou mixte fourgon. Cependant la série des DEV-INOX sera dotée de voitures mixtes/fourgon A6D et A7D. La SNCF commandera 43 voitures UIC A7D mixtes 1ère classe/fourgon au constructeur De Dietrich. Elles seront livrées de 1967 à 1971.

D’une longueur de 24,50m HT (hors tampons) et d’une masse de 40,5t, la caisse est proche de celles des UIC A9. Seule la dernière baie est remplacée par un rideau roulant métallique permettant l’accès à l’espace fourgon pour le chargement depuis un quai. Le couloir latéral d’accès aux compartiments se prolonge côté fourgon jusqu’à la deuxième plateforme.

Sept compartiments de 1ère classe comprenant chacun 6 places, sont équipés de fauteuils en tissu rouge.

La voiture est dotée d’une seule toilette près de la plateforme d’accès extrémité côté compartiments voyageurs. Sur la plateforme opposée un local pour agent de train jouxtant le fourgon est installé.

La livrée de ces A7D était rouge Capitole ornée d’un bandeau gris dauphin, le châssis et le haut de toiture sont gris.

L’extrémité coté fourgon est équipée de deux fanaux rouges.

La toiture est de type toit bas, on y distingue 2 aérateurs, une sonde de température extérieure et une trappe d’accès au réservoir d’eau des toilettes au dessus de ces dernières.

A7D bogies Y24A1s MG, mise en service en 1967.

La tranche 1965, était composée de 3 voitures exclusivement affectées au train Le Capitole Paris-Austerlitz/Toulouse-Matabiau. Aptes à circuler à 200km/h, les bogies du type Y24A1s étaient équipés de patins électromagnétiques nécessaires pour circuler à cette vitesse à cette époque.

Livrée à la région Sud-Ouest, elles y resteront jusqu’à leurs déclassements en B7D.

A7D à 200 Km/h réservée au train Capitole.
Après la mise en service des sublimes voitures Grand-Confort sur les liaisons à 200 Km/h entre Paris, Toulouse et Bordeaux, les trois A7D continuent leur carrière sur les trains de la région Sud-Ouest, elles conservent leurs patins MG, permettant de les utiliser en réserve des voitures GC. Elles sont déplaquées et recevront, un demi-cartouche Corail de classe, des portes d’accès entièrement blanches et une bande jaune de première classe. Elles resteront “rouge” jusqu’à leur déclassement.
Voiture A7D Capitole, contrairement aux A9 de ce train, qui ne sont pas toutes plaquées, les trois A7D le sont.
A7D Capitole à Paris-Austerlitz en 1967.
Massena, région Sud-Ouest, 1980, une A7D ex Capitole, dernière sous-série à concerver la livrée rouge.

A7D bogies Y28E, mise en service à partir de 1971.

A7D Y28 en livrée d’origine avec les cadres des baies Klein peints.
A7D Y28 avec cadres de baies métal.

La tranche 1967 est composée de 20 voitures. Elle diffère par ses bogies Y28E, aptes a 160 km/h. Incorporées essentiellement dans des trains de 1ère classe comme l’Etendard (Paris/Bordeaux-St Jean) sur le Sud-Ouest et Paris/Strasbourg sur l’Est. Elles complétaient aussi les compositions de rames DEV Inox sur l’Ouest, Paris Saint-Lazare/Le Havre et au Sud-Ouest Paris Austerlitz/Bordeaux/Irun.

La sous-série est livrée en petite quantité à la région Ouest et à la région Nord, mais rien n’est sûr. Le gros de la série est affectée à la région Est. C’est sur cette région qu’elles sont regroupées autour de 1974 et ce jusqu’à leurs déclassement en B7D.

A7D sur Y28, aux garages voyageurs de l’Ourcq sur la région Est de la SNCF. Comme indiqué plus haut, ces voitures sont engagées sur les trains “drapeaux” de la SNCF. Ces trains sont exclusivement équipés de voitures de premières classe de types DEV Inox longues A9 / A9t / A5r / A7D, Vru 63 et UIC A9 Y28 et A7D Y28. Sur la région Sud-Ouest c’est plus bigarré, elles circulent sur des liaisons hors du réseau TEE et sont autorisées à la vitesse de 160 Km/h.
A7D en livrée d’origine aux garages de l’Ourcq. Années 70.

Les différentes livrées des “Y28”.

Athis-Mons, entre Paris-Austerlitz et Juvisy, un express fonce vers le sud, mais à 140 Km/h, les voitures de seconde classe sont du types OCEM PL et FL d’origine PO-Midi, la première classe est en tête avec une A7D de la troisième tranche. Années 70/80.

A7D bogies Y24A1s, mise en service à partir de 1971.

A7D Y24 dans sa livrée d’origine, livrée neuve à la région Sud-Est de la SNCF.

La tranche 1968 est composée également de 20 voitures. Elles sont équipées du bogie Y24A1s commun à la série UIC des tranches 1962 à 1971. Etonnamment, cette tranche renoue avec les bogies Y24, pourtant bien moins confortables que les Y28.

Cette sous-série est répartie, neuve, entre les régions du Sud-Ouest et du Sud-Est. Elles y resteront jusqu’ à leur déclassement en B7D.

A7D Y24 de la troisième sous-série, neuve.
Vue de l’espace fourgon depuis le couloir latéral.
Compartiment de première classe.
A7D vue côté compartiment à bagages avec ses fanaux.
A7D intégrée dans un train rapide pré-Corail, DEV INOX et autres UIC, sans climatisation, et pour certaines DEV limitation à 140 Km/h, les UIC sont autorisées à 160 Km/h.
A partir de 1975, les voitures Corail commencent à prendre les grands rapides d’assaut, mais le parc de voitures mixtes n’est pas encore suffisant pour cette famille, B6Dd2 et B6Du. Les A7D et les B5D UIC sont toujours largement utilisées, comme dans cette composition.
Une A7D de la troisième sous-série, reconnaissable à son absence de patin magnétique. Elle est encadrée de deux voitures DEV INOX.
A7D de la région Sud-Est, faisceau de préparation des rames pour la Gare de Paris-Lyon, Conflans 1978. On remarquera, que pour les A7D de cette région la décoration rouge n’a pas tenue bien longtemps.
A7D de la région Sud-Est au crochet de la CC 6567 et sur un Rapide à 160 Km/h, années 70. La décoration rouge est déjà du passé.

Les différentes livrées des A7D / B7D sur Y24.

Nous n’avons pas de renseignements qui nous ferait penser qu’au moins une voiture ait reçu le logo carmillon.

La B7D portant les marques Midi-Pyrénées puis Rhône-Alpes est, en fait la même. Il n’y a eu, à notre connaissance, qu’une voiture décorée de la sorte. Cette voiture circulant sans logo SNCF.

Déclassement en seconde classe, B7D.

De 1982 à 1985, toutes les sous-séries sont déclassées en B7D, mixte 2ème classe/fourgon, elles perdent leur robe rouge Capitole et revêtent une livrée Vert garrigue et gris dauphin.

Villeneuve-Prairie, années 80, B7D.
Vert de Maison, un “W” (rame vide voyageurs) rentrant au faisceau de Villeneuve prairie, au début des années 80.
Voiture B7D Y24 modernisée pour la région PACA, il n’y aurait eu que trois B7D Y24 ou 28 rénovées et seulement pour cette région, 2005.
B7D Y24 après déclassement. Paris Austerlitz
Une B7D Y28 assure la réserve TER au Poste 1 de Dijon Ville, années 90.
Avignon, B7D Y24 sur une composition omnibus de la région PACA, années 90.
B7D Y24, portant un logo régional Midi-Pyrénées, mutée à Chambéry en fin de carrière, années 2000.
La même voiture n’a pas roulé bien longtemps en Rhône-Alpes, mais le logo régional a été posé. Villeneuve triage, années 2020.
B7D Y28 décorée du dernier logo SNCF dit” Carmillon”, la fin est proche, à Bordeaux en 2011.
B7D rénovée pour la région PACA, en vue d’accompagner les USI rénovées, elles aussi. Atelier de Marseille saint Charles, années 2000.
A7D appartenant à l’association COPEF, Cercle Ouest Parisien d’Etudes Ferroviaires, lors d’un voyage au Bénélux. La traction de ce train spécial est assuré par la CC 40110 qui franchit pour la première et dernière fois les frontières Hollandaise et Allemande, gare de La Haye, 1996.

Quelques utilisations en voitures de service.

A7D Y28 appartenant au train parc de France-Télécom, Maine-Montparnasse, années 90.
La même voiture reprise par la fonction Equipement de la SNCF. Juvisy, années 2000.
Toujours la même voiture et dernière toujours en service à la SNCF, Tolbiac, années 2000.