DOCRAIL

Technologie ferroviaire 02.


Boites d’essieux.

Par GB,TJP. Le 07 Mai 2026.

Les boites d’essieux assurent la liaison entre les fusées d’essieux et le véhicule.

Elles permettent :

De faire supporter aux essieux le poids du véhicule.

D’assurer la transmission des efforts de freinage à la masse du véhicule en mouvement.

Il existe plusieurs types de boites d’essieux. Elles ont évolué avec la technologie au cours du temps  :

-Boites à coussinet.

Coupe d’une boite d’essieux avec coussinet et tampon graisseur.

-Boites à rouleaux.

Coupes de boites d’essieux à roulements à rouleaux coniques à simple rangée (roulements Timken) le corps de boite est en une pièce.

Dans les deux cas la boite d’essieux est constituée :

-D’un corps de boite composé d’une seule pièce.

-D’un coussinet ou de rouleaux.

-D’un dispositif de graissage.

-D’un obturateur.

Le corps de boite comporte deux joues sur les côtés. Elles assurent le guidage de la boite sur les plaques de garde. Les joues des boites reçoivent des glissoires ou glissières pouvant être remplacées. Les glissoires empêchent l’usure des joues de boites.

Corps de boite avec son couvercle et les différents éléments constituant la boite. Suivant le type de boite, les joues peuvent être simples ou doubles. Sur le dessin elles sont doubles.
Coupe du couvercle et disposition du joint d’étanchéité.

Boite à coussinet.

Le coussinet transmet la charge à la fusée sur laquelle il repose. Il est constitué par une pièce en bronze appelé carcasse présentant une face concave garnie d’une couche de métal antifriction ‘’régule’’. L’alésage du coussinet est effectué à un diamètre légèrement supérieur à celui de la fusée, pour :

-Faciliter l’introduction d’huile de graissage.

-Eviter le coincement du coussinet sur la fusée.

La charge est transmise au coussinet par une cale talon en acier placée en partie supérieure de la boite.

La carcasse du coussinet est en bronze.

Dispositif de graissage.

Par un tampon graisseur ayant pour rôle d’amener l’huile du bas de la boite au contact de la fusée. Il comprend deux parties :

-Le mouton graisseur en contact avec la partie inférieure de la fusée.

-La carcasse composé d’une platine et de ressorts.

Le tampon graisseur a pour rôle d’amener l’huile du bas de la boite au contact de la fusée. L’huile monte par capillarité grâce aux mèches de laine et de coton.
Intervention d’un agent d’entretien effectuant le remplacement des mèches et du mouton. Citerne pétrolière USTC de 1945.
Différents types de boites selon les compagnies. 4 images.
Boite ETAT à une joue de guidage.
Boite PLM.
Boite Cie de l’Ouest, puis Etat.
Boite Cie du Nord pour wagon 20 tonnes. Le sabot, unique, du frein d’immobilisation est en bois.
Boite P.O. Remarquez la jambe de force renforçant les plaques de garde.
Boite à coussinets Etat.

Quelques boites Unifiées.

Boite à coussinets Athermos sur plat Standard court.
Boite OCEM à coussinets.
Boite UR à coussinets.

Boite à rouleaux moderne SKF.

Boites Athermos ou boite à graissage mécanique.

Boite Athermos à palettes puiseuses. Dans ce cas il n’y pas de mouton ni mèche, ce sont les palettes qui font remonter l’huile au niveau du coussinet.

Le tampon graisseur est remplacé par un ensemble à palette puiseuse qui amène l’huile en partie supérieur du coussinet. Le coussinet comporte à l’avant un bec ou collecteur d’huile, des rigoles qui déversent l’huile sur la fusée.

Boites Isothermos Nord Principe de la palette puiseuse.
Boite Athermos équipant les bogies de 65001 à 20.
Vue latérale d’une boite Isothermos Nord à deux joues de guidage.

Boites à rouleaux.

Le coussinet est supprimé le glissement est assuré par le roulement des rouleaux.

Autre montage de roulements dans une boite. Dans ce cas, c’est un roulement à rouleaux en forme de tonnelets à double rangée.
Boite avec roulements à rouleaux cylindriques (Roulements SNR).

Dispositif de graissage.

Il est assuré par de la graisse, le corps de boite en est rempli.

Obturateur.

Pour combler l’ouverture circulaire pratiqué à l’arrière de la boite pour permettre le passage de la fusée d’essieu, un obturateur composé de deux parties en isorel ou d’un joint en caoutchouc est positionné sur la portée d’obturateur. Il évite l’entrer de poussières abrasives et s’oppose à la sortie de l’huile ou de la graisse de la boite.

La boite est fermée en partie avant par un couvercle fixé par vis avec interposition d’un joint.

Les boites à rouleaux diminuent :

-La résistance à l’avancement en raison de la substitution de frottement de roulement au frottement de glissement.  

-L’usure des fusées, les roulements s’usent très peu.

Les boites à coussinet nécessitent un contrôle régulier du niveau d’huile. Le graissage nécessite très peu d’entretien.

Plaque de garde. 

Elles jouent un rôle de sécurité :

-Guider les boites d’essieux par l’intermédiaire des joues.

-Limiter le déplacement des boites par rapport au véhicule dans les courbes, dans les à-coups lors des freinages et des mises en mouvement.

Désignation des différents éléments constituant les organes de roulement et de suspension pour un wagon à essieux.

Elles sont fabriquées en une ou deux pièces en tôle épaisse en acier spécial. Elles sont fixées au châssis par soudure ou rivets. Elles sont reliées entre elles par une entretoise de plaque de garde. Pour éviter l’usure des plaques au niveau des glissoirs des boites d’essieux, des glissières soudées ou plaques d’usure sont disposées de part et d’autre.

Le coulissement dans les glissoirs des boites d’essieux avec un grand jeu permet un déplacement latéral des boites.

Organes de suspension.

La suspension assure la liaison élastique entre le châssis ou châssis de bogie et les organes de roulement son but :

-Répartir convenablement la charge du véhicule sur les fusées d’essieux.

-Amortir les effets de choc dus aux inégalités de la voie.

-Diminuer les chocs des roues sur la voie.

La suspension comprend.

-Les ressorts à lames ou à boudin.

-Les organes reliant le ressort au châssis.

-Les plaques de garde.

Le ressort à lames est composé d’une série de lames d’acier superposées, parallèles et cintrées. Elles sont de longueurs décroissantes.

La première lame, plus longue, comporte à ses extrémités un bout roulé pour la liaison avec le châssis. Elle est dénommée lame maîtresse.

Contrairement à de nombreux bogies on constate que les wagons à deux essieux ne possèdent qu’un seul étage de suspension.

Ressort à lames.

Une bride frettée à chaud ceinture les lames en leur milieu. La bride comporte en partie inférieure un téton qui s’engage dans un logement au-dessus de la boite.

Principe d’assemblage des lames.
Boite d’essieu à rouleaux avec une seule joue de guidage. Le trou au dessus de la boite sert de logement pour le téton de la bride ceinturant les lames.

Pour éviter le glissement longitudinal, chaque lame comporte en son centre :

-Face inférieure une protubérance sphérique (étoquiau).

-Face inférieure un creux correspondant à la protubérance supérieure.

Pour éviter le glissement transversal la lame comporte :

-Une languette en partie inférieure.

-Une rainure en partie supérieure dans laquelle la languette de la lame supérieure s’emboite.

Différents types de ressorts à lames :

-Ressort ordinaire à flexibilité constante quelle que soit la charge.

Ressort à flexibilité constante. A la forme des lames le wagon est chargé.

-Ressort à double flexibilité, deux étages de lames. A vide ou à faible charge seul l’étage supérieur travaille du fait de la courbure des lames. En charge les deux étages sont en contact et toutes les lames travaillent.

Ressort à lames à double flexibilité.

-Ressort parabolique à raideur progressive. L’amortissement n’est obtenu que par frottement des extrémités des lames et la variabilité de l’épaisseur des lames.

Ressort parabolique à raideur progressive sur wagon porte conteneur.

Suspension à ressorts hélicoïdaux.

On retrouve ce type de suspension principalement sur les bogies et sur quelques wagons à essieux.

Double ressorts hélicoïdaux encadrant une boite à rouleaux SKF. Les bogies seront étudiés dans un prochain dossier technique.
Boite d’essieu et ressorts hélicoïdaux sur un wagon à essieux porte conteneur CNC. On relève bien la parenté avec un équipement pour bogies.

Organes reliant le ressort au châssis.

Il existe différents supports de suspension.

Ils sont rivés ou soudés au châssis du wagon ou du bogie.

Suspension à menottes

Principe de la suspension à menottes (ou manettes).

La lame maitresse du ressort, terminée par un rouleau, est reliée au support de suspension par deux menottes ou biellettes assemblées par deux axes ou broches.

Suspension à menottes type du matériel PV autre que UIC et de certains fourgons GV.
Suspension à menottes sur wagon EST. La bride maintenant les lames de ressort est remplacée par deux U filetés.

Suspension à simple réglage.

Le ressort est relié au support de suspension par l’intermédiaire d’une tige filetée appelée main de suspension.

Suspension à simple réglage, technique utilisé sur le matériel ancien.

Suspension à double réglage. 

Suspension à double réglage. Suspension typique du matériel GV à trois essieux. Elle permet de régler la hauteur de tamponnement et de répartir la charge par essieu sur les véhicules à trois essieux.
Suspension à double réglage sur fourgon ETAT.

Suspension UIC-ORE ou suspension longue à anneaux. 

Elle comporte deux anneaux, des coussinets et un coussinet intermédiaire de suspension et deux axes. Elle permet une meilleure tenue en ligne, possède une grande souplesse et exerce des efforts de rappels latéraux.   

Ensemble du roulement d’un wagon plat Ks 50.

Hauteur de tamponnement.

L’usure du bandage des roues, des coussinets et l’affaissement des ressorts tendent à modifier la hauteur de tamponnement. Pour éviter les enchevêtrements de tampons, la hauteur de tamponnement est réglée chaque fois que cela est nécessaire.

Pour compenser l’usure des essieux et conserver une hauteur de tamponnement réglementaire, interposition d’une cale de suspension entre la bride du ressort et le sommet de la boite.

Hauteur de tamponnement : distance entre le niveau supérieur du rail et l’axe de chaque tampon.

Hauteur maximum à vide :1,065m.

Hauteur minimum sous charge : véhicule GV avec passerelle : 0,980 m, véhicules GV et PV sans passerelle : 0,940 m.                                       

Les suspensions réglables permettent de ramener la hauteur de tamponnement dans les limites.

Pour les autres cas, interposition d’une cale de suspension entre la bride du ressort et le sommet de la boite d’essieu.

Trois coupes de boite d’essieux très utilisées en France.

Boite à coussinets unifiée.
Boite à coussinets Athermos.
Boite à rouleaux Timken.