Les wagons citernes ou wagons réservoirs

Publié le vendredi 18 juin 2021 à 21:48

Par GB,FP,PM,TJP,2B. le 16 Juin 21.

Préambule.

Ce premier dossier a pour but de présenter les différents types de wagons citernes. Nous développerons chaque famille dans des dossiers spécifiques à chaque groupe.

Historique.

A l’origine  du transport de marchandises par chemin de fer il n’existe que trois type de wagons:

-Les plats.

-Les couverts.

-Les tombereaux.

Ils sont utilisés pour le transport des fûts, des bonbonnes, des tonneaux et des jarres contenant les liquides. Les formes et les dimensions inappropriées aux wagons entrainent de nombreuses avaries.

Pour répondre à ces nombreux problèmes Louis Xavier GARGAN (1816-1886) dépose, le 23 juillet 1859, un brevet pour un nouveau type de wagon. Dénommé wagon réservoir. 

Wagon Solvay-Werk, immatriculé sur le réseau Alsace Lorraine (AL), comportant une citerne bi-cuve construite selon le brevet GARGAN. La cuve est positionnée le plus bas possible pour abaisser le centre de gravité.

Ce nouveau wagon spécialisé au transport des liquides par chemin de fer comporte une cuve formée de deux caisses parallélépipédiques en fer. Une est placée entre les longerons à l’intérieur du châssis et descend entre les essieux au plus près du rail de façon à abaisser le centre de gravité et l’autre est placée dessus. Les caisses sont reliées entre elles. Le remplissage se fait par un orifice placé sur la caisse du haut, fermé par un couvercle. La  vidange par gravité s’effectue par un robinet inférieur après ouverture du capot supérieur. 173 wagons sont construits selon ce principe entre  1859 et 1870 avec des cuves carrées ou rondes. Différents métaux  (acier, cuivre, fer peint….) sont employés  pour éviter la corrosion ou l’altération du liquide par le métal de la cuve.

Ce wagon réservoir bi-cuve parallélépipédique avec angles arrondis, fixée sur un châssis classique est une variante du wagon GARGAN.

En 1875 ‘’Lepage industrie’’ à Épinal dépose un brevet pour un wagon réservoir destiné au transport des vins et alcools. C’est un wagon couvert ordinaire dans lequel est fixée une citerne cylindrique avec pompe manuelle pour remplissage ou dépotage. Une société est créée pour exploiter ce type de wagons, effectif environ 500 wagons réservoir Lepage.  Elle est dénommée Société Générale de Transport de Liquides. Les wagons sont construits par la Compagnie Française de construction de chemin de fer. Une seconde société sera créée, la Compagnie des Wagons Réservoir, elle est spécialisée dans le transport des vins par wagons citernes.

En 1895 un nouveau type de wagon est mis en service ; il comporte deux réservoirs de taille différente superposés. Le but est de transporter une quantité de liquide en fonction de la densité tout en respectant la limite de charge du wagon.

En 1885 Charles Monnin dépose un brevet pour un wagon permettant le transport de liquide alimentaire en utilisant des foudres (Foudre : tonneau de grande capacité). Le châssis est identique aux wagons classiques. Le ou les foudres sont construits par des tonneliers, ils doivent être robustes pour résister aux chocs et trépidations. Les douves sont toujours orientées dans le sens du rail pour mieux résister aux chocs. Le foudre est calé et maintenu sur des berces en bois fixées sur le châssis par deux sangles métalliques, deux tirants l’immobilisent dans le sens longitudinal. Ce type de wagon est plébiscité par les producteurs et négociants, ils considèrent que le vin ne s’altère pas au contact du bois par rapport au cuves métalliques étamées envers lesquelles ils sont méfiants. Une industrie se développera dans la région de Béziers et de Narbonne autour du wagon-foudre ou bi-foudres (construction, entretien, transport, location…). 

Wagon bi-foudres construit selon le brevet C MONNIN. Quand les rideaux latéraux sont abaissés, le wagon ressemble à un couvert.

Suite à la mise en service au début du 20ème siècle, des triages par gravité créent de nombreux incidents de déplacement longitudinal des foudres et obligent à augmenter l’arrimage sur le wagon. Des agrafes ajoutées en partie basse des foudres et sur les berces ainsi que des bretelles métalliques croisées fixées au châssis renforcent l’immobilisation de l’ensemble dans le sens longitudinal. Rapidement des berces métalliques, plus résistantes, remplacent celles en bois. Ces wagons très fragiles lors des tamponnements, les douves ont tendance à se déformer, entraînant des fuites et avaries, sont remplacés par des citernes métalliques. 

Sur cette photo, le wagon de gauche CLOVIS SALASC n’a pas été modifié au niveau des fixations des foudres. Le wagon de droite MITJAVILLE a reçu des bretelles croisées pour renforcer l’immobilisation longitudinale. Dans les deux cas les foudres reposent sur des berces en bois et sont agrafées en partie bases.
Wagon Foudre de 3 m d’empattement de la Compagnie des Wagons Réservoirs (C.W.R). La foudre est posée sur des berces métalliques et maintenue en place par des agrafes, en partie basse, des sangles et des bretelles croisées métalliques.

Entre 1925 et 1930 la citerne métallique avec viroles assemblées par rivets, puis par soudures au cours des années 30, se généralise. Des citernes métalliques seront montées sur des berces en bois ou métalliques et maintenues par des sangles métalliques.   

Citerne métallique à viroles rivetées, montée sur berce en bois. La fixation est identique à celles des Foudres. La citerne comporte deux cuves.
Citerne métallique rivetée reposant sur berces métalliques et fixée par sangles métalliques. Le système d’arrêt longitudinal est directement riveté sur la traverse de tamponnement. Wagon sortie de révision en mars 1929, cette date doit correspondre à l’installation de la citerne sur le châssis.
Citerne sur berces métalliques avec fixation par sangles et bretelles croisées. Date de révision mars 1929 identique la photo ci-dessus.

Les wagons citernes ou wagons réservoirs.

Les produits liquides ou gazeux possèdent tous des propriétés particulières, ils nécessitent des moyens appropriés pour leur transport dans les meilleures conditions. Le parc de wagons citernes ou wagons réservoirs utilisé pour le transport des liquides ou des gaz en vrac est donc très varié et composé de wagons de particuliers du fait de la spécificité des liquides.

Les vrac-liquides sont répartis selon deux groupes comportant chacun des catégories précises:

Groupe 1: Les liquides alimentaires.

 Ce groupe est divisé en deux catégories:

  • Vin, apéritif, mistelle (moût de raisins avec addition d’alcool servant à l’élaboration des vins doux), alcool de bouche inférieur à 60°, concentrés de jus de fruits, huiles comestibles, mélasse alimentaire, vinaigre, lait, etc.
  • Jus de fruits, bières, etc.
Wagon citerne calorifugé à 5 compartiments pour le transport de jus de fruits.

Groupe 2: Les liquides industriels.

Wagon citerne, construction typique des années 30 selon les études de l’OCEM, vue en sortie de révision en février 1949. Ce type de wagon circulera jusque dans les années 60, il sera progressivement remplacé par des wagons avec citerne soudée à partir de la fin des années 50.

Ce groupe est divisé en trois catégories:

– Les produits pétroliers:

  • Blancs (essences, fuel domestique, gasoil, naphta…).
  • Noirs (bitume, goudrons, fuel lourd, paraffine, dérivés…).
Wagon citerne pour le transport de produits pétroliers blancs.

– Les produits chimiques (les acides, méthanol, acétone, détergents, soufre liquide, lessive de soude, tétrachlorure de carbone…).

– Les gaz sous pression et liquéfiés (azote, chlore, ammoniac, butane, mélange AO, propane, mélange C, etc.).

Les wagons doivent répondre à deux réglementations :

-Réglementation ferroviaire: 

  • Prescriptions techniques de construction.

Elles sont fixées par l’UIC (Union Internationale des Chemins de fer). Standardisation des organes interchangeables tels que les essieux, les suspensions, les organes de choc et d’attelage, les appareils de frein (triangles, timoneries, sabots, équipements pneumatique). 

  • Prescriptions RIV (Regolamento Internazionale Veicoli) pour leur emploi en trafic international.

-Réglementation technique pour la citerne selon le produit transporté:

  • L’épaisseur et la nature du métal constituant la citerne ainsi que le revêtement intérieur dépendent des produits transportés.
  • L’épreuve de pression dépend de la nature des produits transportés, elle peut dépasser 30 bars pour certains gaz.
  • Les organes tels que les vannes et les robinets sont normés en fonction du liquide ou du gaz et doivent être interchangeables.
  • Le repérage rapide du contenu. Les citernes transportant des matières dangereuses doivent être repérées par une bande orange de 30 cm de hauteur ceinturant cette dernière en son centre. 
  • Certaines citernes comportent des brise-flots: cloisonnements ajourés qui freinent le déplacement des liquides et préservent les fonds de la citerne en cas de tamponnement surtout si la citerne est partiellement remplie.

En plus des réglementations ci-dessus certains liquides ou gaz sont des matières dangereuses. La Réglementation pour Matières Dangereuses doit être appliquée pour le transport:

  • RTMD: Règlement ministériel pour le Transport des Matières Dangereuses,  fixé par la réglementation française.
  • RID: Règlement de transport International ferroviaire des marchandises Dangereuses fixées par l’Europe.

Les wagons transportant des matières dangereuses sont obligatoirement équipés d’une plate-forme avec frein à vis.

Wagon citerne pour le transport de gaz sous pression.

Constitution des wagons citernes

Le châssis

Il existe trois types de châssis :

– Châssis classique formant une plate-forme constituée:

  • De deux traverses de tamponnement supportant les organes de choc et de traction.
  • De brancards, traverses intermédiaires et longrines (profilés en acier assemblés par rivets ou par soudure).
  •  D’un sommier constitué par des berces transversales reliées par deux grands goussets longitudinaux rivés ou boulonnés au châssis. L’ensemble formant un berceau sur lequel la citerne est fixée par l’intermédiaire d’ailerons profilés rivés ou soudés au corps cylindrique de la citerne.
  • Des appareils de freins et de vidange fixés sous le châssis de manière classique.
Principaux éléments constituants un wagon citerne. Châssis classique de wagon constituant une plateforme.

– Faux châssis:

  • Les longerons de forme spéciale en tôle pliée continuant vers le haut pour constituer de grands goussets longitudinaux. Les berces transversales jouent le rôle de traverses intermédiaires. Tous ces éléments sont soudés et forment le châssis. La citerne est directement soudée sur les grands goussets.
  • Des traverses intermédiaires soudées sur les goussets servent à la fixation des appareils de freins et de vidange.
Faux châssis de wagon citerne avec équipements de frein et de vidange. Les longerons en tôles pliées correspondent aux goussets, les berces sont placées sur les traverses intermédiaires, l’ensemble formant le sommier recevant la citerne.

– Sans châssis, à poutre centrale:

  • La citerne est autoportante, elle participe à la rigidité du wagon.
  • Aux extrémités, deux grands caissons en tôles pliées et soudées jouent le rôle d’extrémité de châssis.
  • Ils sont constitués de la traverse extrême, supportant les organes de choc et de traction, de la traverse pivot pour les véhicules à bogies ou des brancards de fixation des plaques de garde pour les véhicules à essieux.
  • Ces deux éléments sont liés par des goussets longitudinaux.
  • Une poutre centrale formée par deux profilés en U relie les extrémités. Les appareils de frein et de vidange sont fixés sous cette poutre.
Wagon avec citerne auto-portante, les caissons d’extrémités sont reliés par une poutre centrale. La citerne repose sur les caissons d’extrémités.
Wagon citerne à bogies. 1: Réservoir, 2: Corps du réservoir, 3: Fond, 4: Plaque d’identité et d’épreuve de la citerne, 5: Dôme, 6: Génératrice supérieure, 7: Génératrice inférieure, 8: Sommier, 9: Grand gousset longitudinal, 10: Berce, 11: Aileron, 12: Grand panneau à inscription, 13: Liaison électrique bogie-châssis, 14: Liaison électrique châssis-réservoir, 15: Prise pour mise à la terre du réservoir, 16: Echelle extérieure, 17: Passerelle.

La citerne.

Les constructeurs de matériel ferroviaire proposeront dès le début des années 1920 des citernes métalliques adaptées à tous types de produits (alimentaires ou pétroliers). Les wagons citerne US  débarqués en 1917, pour le transport de produits pétroliers, formèrent la première grande série de wagons réservoirs construits avec une citerne métallique. La généralisation de ce type de réservoir suivra l’essor de l’industrie pétrolière et chimique. Des revêtements intérieurs spécifiques et adaptés seront développés pour répondre aux besoins des transports.

La citerne métallique ou réservoir se compose:

-De viroles cylindriques en acier (tôles roulées et soudées), de fonds emboutis et soudés et d’un dôme.

– Pour les citernes à déchargement par gravité, la génératrice inférieure forme une pente de 1 à 2 % des extrémités vers le centre de manière à favoriser la vidange.

Certaines peuvent comporter en plus:

-De brise-flots : tôles perforés freinant le liquide lors de ses déplacements.

-Des anneaux de renforts, fers en U disposés à l’intérieur ou à l’extérieur du réservoir pour résister à une dépression de 0,3 bar.

Vidange et remplissage de la citerne.

Ces dispositifs dépendent de la nature du produit:

Type 1:

– Remplissage par le dôme situé sur la génératrice supérieure et vidange par gravité.

– Dôme avec couvercle à 2 ou 4 points de fermeture. Les dômes anciens comportaient un couvercle avec un fléau à point de fermeture unique.

Dôme ancien avec couvercle à fléau à un seul point de fermeture. L’évent est placé sur le couvercle.
Citerne pétrolière moderne avec couvercle à fermeture par 4 points et dispositif de mise à l’atmosphère.

– Vidange par gravité qui comporte deux fermetures, en série, indépendantes l’une de l’autre.

Vidange bilatérale type  »Languedocienne  » placée sous la citerne et Bouchon évent placé au dessus.

– Un obturateur placé à l’intérieur du réservoir. Une commande manuelle manœuvrable depuis le sol ou du dôme (petit volant servant surtout de commande de secours) permet son ouverture. L’ouverture de l’obturateur est conjuguée avec l’ouverture du dispositif de mise à l’atmosphère de manière à éviter une dépression.

Schéma de principe d’une citerne avec vidange par gravité. La pente de la citerne en partie basse est de 1 à 2% pour faciliter la vidange. 1: Obturateur interne, 2: Commande bilatérale d’obturateur manoeuvrable du sol, 3: Tubulure bilatérale de vidange vannes d’extrémité, 4: Tige de commande du dispositif de mise à l’atmosphère, 5: Dispositif de mise à l’atmosphère, 6: Commande de secours de l’obturateur interne, 7: Chaîne, 8: Dôme avec couvercle du dôme et fléau, 9: Disque de rupture, 10: Soupape pression-dépression.

– Des robinets placés à chaque extrémité de la tubulure bilatérale.

Le dôme ne doit pas être rempli entièrement, son volume est calculé pour permettre, en cas d’élévation de la température, la dilatation du produit transporté. Il est fermé par un couvercle articulé avec dispositif de fermeture.

Type 2.

Vidange et remplissage par le haut pour les wagons affectés au transport de produits dont la vidange par gravité est interdite.

Les mesures de chargement et de déchargement nécessitent des mesures de sécurité spéciales.

La vidange se fait sous pression: un tube plongeur fixé à la platine descend au fond de cuve et permet l’évacuation du produit par le haut.

Le remplissage se fait soit par gravité, soit sous pression.

Un capot métallique muni d’un verrouillage protège les vannes de fermeture équipant le plateau technique situé sur le dôme.

Schéma d’un remplissage et d’une vidange par pression.

Certains wagons citernes comportent les deux types de remplissage.

wagon pour le transport de produits chimiques comportant les deux types de remplissage.

L’accès au dôme ou à la plateforme de chargement s’effectue par une échelle d’accès avec ou sans passerelle de circulation sur la citerne.

Le dôme peut aussi servir de trappe pour la visite ou le nettoyage de l’intérieur de la cuve.

Equipements de sécurité de la citerne:

– Soupape pression/dépression : organe assurant la sécurité pendant le transport.

Elle permet l’échappement de l’air, des émanations ou des gaz en cas de surpression à l’intérieur du réservoir et l’admission de l’air en cas dépression à l’intérieur du réservoir lors du refroidissement du produit.

– Dispositif de mise à l’atmosphère:

Il assure l’admission de l’air dans la citerne lors de la vidange, son ouverture est automatique lors de l’ouverture de l’obturateur.

– Bouchon d’évent :

Il permet d’éviter des déformations du réservoir lors de la vidange (dépression) tout en s’opposant aux pertes de liquide en cas de renversement du wagon.

– Disque de rupture: c’est un dispositif de sécurité qui assure la sécurité du réservoir contre une surpression interne supérieure ou égale à la pression d’épreuve. La rupture de la membrane métallique est immédiate lorsque la pression d’éclatement est atteinte.

Le montage de ces éléments dépend des produits transportés et fait l’objet de prescriptions réglementées.

Certains produits sont chargés chauds (jusque 140 °C) ils nécessitent:

-Le maintien du produit à une température minimum pendant le transport. Pour éviter les variations de température au cours du transport la citerne, le dôme et les tubulures sont recouvertes d’un calorifugeage constitué d’un calorifuge en laine de verre protégé par une tôle de recouvrement.

Les tubulures sous la citerne sont aussi calorifugées.

-Un serpentin ou un réseau de tubes réchauffeurs intérieur ou extérieur situés en partie basse du réservoir permettant la circulation de vapeur sous pression pour le réchauffage du produit avant dépotage.

-Certains wagons reçoivent les deux équipements.

alimentation du serpentin de tubes réchauffeurs d’une citerne calorifugée.
Wagon citerne calorifugé pour le transport de glucose.
Certains wagons citernes ne sont pas calorifugés mais comportent un circuit de réchauffage. Ici un wagon citerne transport de mélasse, ce produit doit être réchauffé pour le dépotage.

Les citernes pour produits alimentaires.

– Viroles en acier E24.

– Pression de service: 0 bar ; pression d’épreuve : 2 bars.

– Les produits alimentaires ne doivent pas s’altérer pendant le transport, un revêtement intérieur facilement nettoyable isole le liquide de la cuve métallique.

Revêtement intérieur: il a évolué au cours du temps. Les premières citernes métalliques pour le transport du vin, construites à partir de 1925/26, étaient étamées, puis au cours des années 30 émaillés à chaud; maintenant le revêtement est réalisé avec une résine synthétique thermodurcissable par polymérisation à chaud (brauthite ou isolémail).

-Le remplissage s’effectue par le dôme.

-Le dôme est fermé par un couvercle à fléau simple.

-Le dispositif de vidange inférieur par gravité est constitué:

  • De tubulures de vidange bilatérales munies d’un bouchon vissé avec chainette de sécurité.
  • D’un robinet fixé à la partie inférieure du réservoir ou de robinets montés directement aux extrémités des tubulures bilatérales permettent la vidange.

-Si la citerne est constituée de plusieurs compartiments indépendants, chacun des compartiments est équipé d’un système de remplissage et de vidange individuel.

Tubulures de vidange (wagon à deux compartiments), les poignée sur les goussets commandent l’ouverture des l’obturateurs internes, celles sur les tubulures l’ouverture des vannes de tubulure. Des bouchons filetés ferment les tubulures.

-Les organes de vidange doivent pouvoir être plombés.

-Le bouchon évent est situé sur le capot du dôme ou directement sur le réservoir.

Depuis les années 80 les wagons sont équipés avec des dispositifs de vidange du type 1.

Le calorifugeage de la citerne est nécessaire pour les jus de fruits et la bière. Il est constitué d’une enveloppe calorifuge en laine de verre (épaisseur 80 ou 100 mm) protégée par une fine tôle de recouvrement. Les citernes pour le transport de bière sont réalisées en acier inoxydable.

Les citernes pour produits industriels.

Produits pétroliers blancs.

Les citernes sont spécialement affectées au transport de carburants et combustibles légers, mais elles peuvent être adaptées à la pétrochimie (Styrène, acétone, éthanol, méthanol…) suivant le revêtement intérieur. Capacités de 60 à 95 m3.

– Viroles en acier E24.

– Pression d’épreuve de 2 à 4 bars.

– Remplissage par le dôme avec couvercle à 4 points de fermeture basculant.

– Vidange de type1.

Wagon citerne transport de produits blancs.

Produits pétroliers noirs.

Les citernes sont spécialement affectées au transport de produits lourds et sont équipées de dispositif de réchauffage et ou de calorifugeage. Capacités 65 à 85 m3.

– Viroles en acier E24.

– Pression d’épreuve de 2 à 4 bars.

– Remplissage par le dôme avec couvercle à 4 points de fermeture basculant.

– Vidange de type 1.

Le Fuel lourd, le goudron, le bitume et la paraffine nécessitent la présence de réchauffeurs intérieurs à serpentin pour faciliter le dépotage du produit en le rendant liquide. Le wagon comporte en plus un calorifugeage (100 à 120 mm) de la citerne, des appareils et tubulures de vidange pour éviter le refroidissement trop rapide.

Pour le Brai liquide, le dispositif de réchauffage est extérieur à la citerne et les tubulures et vannes de vidange sont aussi réchauffées. Un calorifugeage de 150 mm enveloppe la citerne et les canalisations de réchauffage.

Calorifugeage d’une citerne affectée au transport de fuel lourd. Une fine tôle protège l’isolant et enveloppe la citerne.

Produits chimiques.

Les caractéristiques techniques du réservoir dépendent du produit transporté et de la pression de service. Différents métaux sont employés pour la construction (acier, inox, aluminium…). Différents types de revêtement intérieur sont utilisés pour éviter la corrosion du métal ou la dégradation du produit transporté. Quelques exemples:

Wagon transport de soufre liquide. Le transport du soufre liquide ( température supérieure à 95°c) nécessite l’emploi d’une citerne calorifugée.

– Acide nitrique: citerne en inox sans revêtement.

– Acide chlorhydrique: citerne en acier E24 avec revêtement en ébonite.

– Bioxyde d’hydrogène: citerne en aluminium.

– Acétone: citerne en acier Martin avec revêtement par émaillage au four.

Les dispositifs de chargement et de vidange diffèrent selon la nature du produit:

-Le sulfure de carbone, le brome, le nitrile acrylique et les acides, dispositif type 2 avec mesures de sécurité particulières.

– Lessive de soude dispositif de chargement et de vidange type 1 et 2.

Les gaz sous pression et liquéfiés

Les matières gazeuses à température et à pression normale sont liquéfiées par pression pour leur transport (propane, butane, propylène, mélanges…). Du fait des pressions élevées des gaz liquéfiés, les tôles des viroles formant la citerne sont très épaisses. Capacité 47 à 120 m3.

Wagon transport de gaz mélange C avec pare-soleil et bande orange de danger.

Le chlore, l’ammoniac, le chlorure de vinyle stabilisé font partie des gaz de la chimie et nécessitent des citernes appropriées.  

-Tôle d’acier à forte résistance ou en acier inoxydable.

-Epaisseur variant de 8 à 17 mm, plus une surépaisseur de 1 mm pour corrosion, pas de revêtement intérieur.

-La pression d’épreuve dépend du produit mais elle peut atteindre 30 bars.

-Le réservoir doit pouvoir résister à une dépression de 0 à 1 bar, pour cela des anneaux à l’intérieur évitent la déformation de la citerne.

-Contrôle des soudures du réservoir par radiographie avant recuit de stabilisation à 600 °C.

Le chargement et le déchargement se font par circuit fermé sous pression car le réservoir renferme du produit liquéfié ou phase liquide et du produit gazeux ou phase gazeuse.

Les wagons citernes pour le transport à gaz sont repérés par une bande jaune orangée de 30 cm de largeur entourant le réservoir à mi-hauteur.

-Certains wagons reçoivent des tampons à haute capacité d’absorption avec un système anti-encastrement.

Equipement des citernes:

-Les organes de remplissage et de vidange sont généralement situés en partie basse du wagon, ils sont obligatoirement équipés de clapets internes de sécurité à fermeture rapide.

-Les tubulures de remplissage et de vidange bilatérale sont munies aux extrémités d’une vanne.

Tubulure de chargement et de déchargement d’une citerne gazière. En vert chargement phase gazeuse en bleu chargement phase liquide.

-Un dispositif interne de sécurité à fermeture rapide avec siège et clapet situé à la partie inférieure du réservoir et fixé par l’intérieur. Il est automatiquement fermé en cas de déplacement intempestif du wagon lors des opérations de chargement ou de déchargement.

-Les organes de vidange sont protégés contre les projections par des capots.

-Les vannes sont verrouillables et peuvent être plombées.

-Les réservoirs équipés de tubulure de remplissage et de vidange en partie inférieure sont équipés d’un trou d’homme pour visite d’entretien ou de nettoyage. Cet orifice est obturé par une platine boulonnée pouvant comporter une jauge rotative permettant de lire sur un cadran le volume du produit ou un puits thermométrique pour mesurer la température de la phase liquide.

Platine du trou d’homme démontée pour visite.

-Des panneaux fixés sur la partie supérieure du réservoir (pare-soleil) évitent une élévation de la température interne lors de l’exposition au soleil.

Schéma de principe d’une citerne transport de gaz.

Cas particuliers.

1) Le chlore liquéfié, le dioxyde de soufre et le méthyl mercaptan:

-Le remplissage et la vidange par le bas sont interdits.

-Les wagons sont équipés d’un dôme spécial situé en partie supérieure du réservoir. Il est constitué d’une platine avec deux robinets, un pour la  phase liquide et un pour la phase gazeuse, ils sont munis d’un dispositif interne de sécurité pouvant être commandé pneumatiquement.

– L’ensemble est protégé par un capot verrouillable.

Wagon citerne transport de chlore. Le chargement et le déchargement se font uniquement en partie haute, les appareils sont protégés par un capot. Aucun dispositif de vidange sous la citerne. Ce wagon est muni de dispositif anti-encastrement au niveau des organes de chocs.

2) Les gaz liquéfiés fortement réfrigérés (-196 °C) argon, azote et oxygène :

Il est fait usage de citerne à double enveloppe. Elle comporte un récipient intérieur en acier inox de 6 mm d’épaisseur et une enveloppe extérieure maintenue en place par un cône de suspension situé au milieu du réservoir. L’espace entre parois ou vide d’air est garni d’un pulvérulent non combustible (Perlite).

Chaque enveloppe est munie d’anneaux de renforts:

Schéma de principe d’une citerne de wagon cryogénique.

Un dispositif de sécurité à membrane permet d’éviter toute surpression, les organes de remplissage et de vidange par pression (2,5 bars) ainsi que les manomètres sont situés dans une armoire de chaque côté du wagon.

3) La craie liquéfiée est considérée comme un produit chimique.

Wagon pour le transport de craie liquide avec citerne bi-tronconique et calorifugée.

Elle est transportée dans des citernes bi-tronconiques à pentes de 6 à 14° en inox et calorifugées. La pression de service est d’environ 2,5 bars sous une température variant de -30°C à 80°C.