Par GB, TJP, 2B, SL, B&H R. Le 24 Décembre 2025.

Historique
Le ciment transporté en vrac se tasse avec les vibrations et devient difficile à décharger, il ne s’écoule pas. Le manque de technique apropriée pour assurer le déchargement du vrac fait préférer le sac. Les premiers transports de ciment en vrac datent de l’après-guerre (2ème GM). Il est fait usage de conteneurs se vidant par basculement ou de wagons trémies avec vidange massive par ouverture de trappes.
Inconvénient des différentes techniques :
-Conteneurs bennes et trémies, vidange dans une fosse.
-Reprise du ciment en fosse par un moyen de manutention pour le stocker dans un silo ou autre.
-Pour les conteneurs bennes, il faut obligatoirement un moyen de manutention.
-Sac avaries fréquentes, perte de produits.
Après la seconde guerre mondiale, pour assurer la reconstruction, les besoins en ciment sont importants. Les grands plans de modernisation du pays sont lancés, construction de ponts, de barrages hydrauliques, chantiers urbains ….


Etude d’un nouveau type de wagon.
A partir de 1954, la Compagnie Nouvelle de Cadres (CNC) et la SNCF cherchent ensemble des solutions pour le transport massif, surtout pour les grands travaux de génie civil où il faut de grandes capacités de transport que seul le chemin de fer permet. Le transport du vrac entre la cimenterie et l’utilisateur doit se faire facilement. Le chargement doit être réalisé par gravité et le déchargement selon un procédé souple et facile d’emploi.
Deux techniques de transport utilisant le même procédé sont retenues :
-Le conteneur : Il nécessite un moyen de levage mais a l’avantage de pouvoir être livré directement sur le lieu d’utilisation.
-Le wagon silo. Il nécessite un silo de stockage avant d’être repris par camion pour la livraison finale.
Pour le déchargement la solution retenue est celle par air pulsé.
L’étude est faite en coopération avec les modèles étrangers déjà en service en Allemagne et en Suisse, système Klinger, ainsi qu’avec les fabricants et constructeurs de matériel ferroviaire.
Principe :
-Chargement : Par gravité en partie supérieure par un orifice fermé et étanche pour le transport.
-Déchargement : On introduit dans un compartiment hermétique de l’air sous pression qui provoque une émulsion du produit. Ceci permet à ce dernier de s’écouler comme un fluide par une canalisation. Les pertes sont pratiquement inexistantes. L’installation terminale doit être équipée d’un compresseur muni d’un séparateur d’huile et d’eau. Il doit pouvoir fournir une pression de 2 à 3 kg et un débit d’air de 125 à 300 m3/h.
Un conduit d’évacuation, rigide ou souple doit être mis en place entre le wagon et le silo ou le conteneur et le lieu de stockage.
-La Société de Contrôle et d’Exploitation de Transports Auxiliaires (SCETA), filiale de la SNCF,est propriétaire de la licence ‘’Klinger’’ pour la France et délivre les autorisations de construction du matériel. Elle est aussi chargée de l’organisation routière en liaison avec la SNCF pour la distribution.
-Le 9 février 1955, la CNC est chargée de la partie commerciale et de l’exploitation des wagons sous le régime du matériel de particuliers, plusieurs sociétés privées participent au financement et à la construction du parc. Tous les wagons sont confiés à la CNC, ils sont exploités en commun (sous forme de pool) par un seul gestionnaire.
-La Société Auxiliaire de Manutention Moderne (SAUMMO) spécialisé dans les installations terminales offre des solutions de stockage par location ou en location-vente de silo.








Les wagons.
Les wagons sont constitués de deux cuves biconiques de 14 m3. Ils sont dénommés bi-dômes. En partie inférieure de chaque cuve, une plaque circulaire en matière poreuse (métal fritté) supporte le chargement. L’air traverse la plaque, l’évacuation du ciment se fait par une tuyère axiale verticale munie d’un cône d’encombrement ce qui évite les risques d’obstruction.





Les cuves en acier Martin sont fixées par rivets sur les brancards du wagon. Une tôle épaisse verticale placée sur les brancards relie les cuves et assure la rigidité de l’ensemble. Les équipements pneumatiques pour le déchargement sont placés entre les deux cuves. Le conduit d’évacuation des matériaux pulvérulents de chaque cuve est situé à l’extrémité côté plateforme.
L’empattement est de 4,800 m ou 4,850 m, la longueur HT varie de 8,440 à 8,960 m.
Une échelle latérale, de chaque côté du wagon, permet d’accéder à la passerelle reliant les cuves en partie supérieure.
Tare environ 11000 kg, masse du chargement 29 tonnes en RO.
Une première commande est passé à l’industrie privée (Etablissements Richard) pour 370 wagons à essieux, dont 100 à essieux interchangeable. Ils sont mis en service en 1955.
Une tranche de wagons est équipée du dispositif de freinage Voyageur/Marchandise. Elle est autorisée à circuler dans les trains du Régime Accéléré (RA) avec une charge de 25t.
Wagons »Spéciaux à trémies » PV étoilés : Immatriculation IV. Ces wagons sont autorisés à circuler en RA.
Wagons »Spéciaux à trémies » PV : Immatriculation SV. Circulation en RO.
Wagons »Spéciaux citernes ou réservoirs » PV. Immatriculation SC.
Wagons »Spéciaux non dénommés ci dessus » PV étoilés. Immatriculation IZ.
Indices utilisés :
s: 100 km/h.
w: wagon freiné au frein à air comprimé (non apposée sur les wagons I).
f: frein d’immobilisation à vis manoeuvrable depuis une passerelle .
A partir de 1958, des industriels importants s’équipent de leur propre parc de wagons. Le volume des cuves augmente, il passe de 14 à 15 puis 16 m3.
Les principaux constructeurs sont:
-Les établissements Richard (St Denis de l’Hôtel).
-les établissements Cadoux (St Denis de l’Hôtel).
-Les établissements Frangéco (Marly).
Au total 1219 wagons silo bi-dômes sont construits. Ils sont répertoriés dans les documents comme wagon pour le transport de »Pulvérulents divers ».

L’augmentation des volumes transportés est obtenue en 1960 par la mise en service de wagons citernes à deux essieux de 49 m3. Ils utilisent la même technique. En 1965 une nouvelle augmentation capacitaire est obtenue avec des wagons à bogies de 62 m3.
Il faut attendre le début des années 70 pour voir le retour des wagons silo à deux cuves, mais de formes différentes.
Le 1 janvier 1982, le parc de wagons pulvérulents est repris par la Société d’Exploitation et d’Etudes de Wagons Spéciales EVS.

Les wagons bi-dômes sont retirés du service au cours des années 90. Certains versés au parc de service sont transformés pour le transport de sable pour alimenter les sablières dans les dépôts.

En marquage international à 12 chiffres les matériels reçoivent une « lettre de série » majuscule et une ou plusieurs « lettres indices » en minuscules indiquant les particularités du véhicule, (« a » pour wagon à bogies et « s » pour ceux autorisés à la vitesse maximale de 100 km/h).












































Dans les trains.










Dijon-Ville, années 90.











